Juste un moment de bonheur

Voilà la seule photo d’une séance pourtant magique, qui m’a rappelé pourquoi j’aime profondément, viscéralement mon métier !

On y voit pourtant rien d’autre que deux chiens marchant tranquillement côte à côte, sur un chemin étroit, en pleine campagne .

Et pourtant …

Keb est un croisé berger hollandais, ancien réactif congénère. La simple odeur d’un chien le mettait en tension, sa vue le déclenchait instantanément, l’approche était impensable et chaque intrusion finissait en bagarre.

Sa propriétaire est très sensible, et profondément bousculée par l’attitude de son chien.

Avec eux j’ai travaillé comme je sais le faire, sans vidéo choc, sans esbrouffe, loin des moqueries de ceux qui ne comprennent pas combien la notion de temps est essentielle dans la rééducation.

Parce que du temps, on en a pris, autant que nécessaire, afin que le binôme se sente en sécurité, que Keb accepte la présence de chien à très grande distance, puis tranquillement, à son rythme, sans artifice, qu’il comprenne qu’il ne risquait rien s’il y avait un chien au loin, et qu’avec son humaine, il était en sécurité.

Ensuite seulement, on l’a présenté, avec toutes les mesures de sécurité, à d’autres chiens triés sur le volet, d’abord en longe sans contact, puis en les laissant se rapprocher.

Les progrès ont été énormes ! Il a commencé à réfléchir, à proposer par lui même de s’écarter d’un chien qui l’inquiétait plutôt que de foncer dessus, à tolérer la présence d’un chien neutre et calme, jusquà pouvoir faire une balade détendue en parallèle.

Mais ce matin, pour la première fois, on a pu, dès le départ, le sortir sans muselière, longe au sol, puis très vite sans aucune longe. On l’a vu communiquer calmement avec Pins, échanger leurs informations, sentir des odeurs en même temps, et, chose totalement impensable, partager l’étroitesse d’un sentier sans la moindre tension! Petit bonhomme communique comme s’il l’avait toujours fait, avec un naturel bluffant !

Pins n’a qu’une passion dans la vie, c’est la chasse. A peine dehors, le nez collé au sol, elle cherche du gibier et, si elle en a l’occasion, part derrière pendant beaucoup trop longtemps.

Quand je l’ai rencontrée, j’ai découvert une humaine épuisée, qui multipliait les activités avec sa chienne afin d’essayer de la fatiguer, et pour qui chaque balade était source de stress, de fatigue et de culpabilité. Pins était bien entendu en permanence en longe, tirait comme un tracteur, sans la moindre attention pour son humaine.

On a donc commencé à travailler sur le lien entre les deux, je lui ai demandé d’arrêter d’en faire de trop avec sa chienne et de commencer à … Ne rien faire ! Arrêter de lui parler sans cesse, de la toucher à chaque rappel alors qu’elle déteste ça. On a déconstruit, observé, analysé chaque séquence. Corinne s’est investie à fond, a participé à mes stages, a accepté de se remettre en question, avec parfois des moments de découragement… Et tranquillement, l’attachement de Pins envers son humaine est devenu sécure et apaisé. On a alors pu commencer à accompagner sa prédation, afin de la stopper dès la première séquence.

Et ce matin, alors que j’avais choisi un nouvel endroit pour la balade, particulièrement giboyeux, Pins a été extraordinaire ! A aucun moment, elle ne s’est trouvée en bout de longe, elle a été attentive en permanence aux mouvements de Corinne, s’amusait manifestement beaucoup de nos félicitations en revenant avec joie vers son humaine. Leur relation est complice et apaisée.

Vraiment bravo à tous les 4, pour votre confiance, et pour le chemin parcouru !

Ils en parlent

  1. NADINE FLAMENT

    j’admire ce qui a été accompli grâce à la patience de Corinne et au savoir faire de Laurence .

Vous avez la parole !

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