La laisse, les espaces, les rencontres... On gère comment ?

Je profite d'une séance du mois de juin pour revenir sur quelques incompréhensions de base qui ont toujours encore la vie dure...

Mon chien est un fauve en laisse quand il croise un congénère, c'est qu'il est agressif et dangereux ...

Mon chien chevauche tous les chiens, c'est qu'il est dominant et qu'il faut le castrer....

Mettre des mâles adultes en liberté ensemble, c'est dangereux...

C'est impossible  d'empêcher mon chien de tirer en laisse, c'est sa race qui veut ça...

Je continue ? 

Présentation des chiens présents : 

Kéop's.

Mâle husky/Berger hollandais de 7 mois. 

C'est un chien qui vit avec sa maman, etrêmement permissive, et qui avait donc beaucoup de mal à se gérer. Débordant, sa relation aux autres pouvaient parfois être un peu compliqué.

Nouga, AS de 15 mois. 

Adorable adolescent, il ne cherche jamais le conflit, pour autant il reste complètement dissipé une fois en laisse.

Léïa, léonberg femelle. 

Je ne l'avais pas vu depuis un moment, Anita la trouvait réactive aux autres chiens et s'en inquiétait un peu.

Oxie est une jeune femelle berger australienne. 

Très joueuse, elle a le malheur de  dégager une odeur qui attire particulièrement tous les mâles, toute l'année. 

Grand habitué des séances de sociabilisation, j'ai déjà eu l'occasion de parler d'Helios. Ce mâle labrador de 7 ans est aujourd'hui parfaitement capable de communiquer sans s'énerver.

Oliver, léonberg mâle de 15 mois. 

Il m'a été décrit comme étant réactif en laisse, très difficile à promener, et insupportable en liberté, avec un comportement permanent de chevauchement.

Thor. Ce gros croisé d'environ un an sort de refuge depuis peu. On ne connait rien de sa vie d'avant le jour où il a été retrouvé attaché à un arbre.  De nombreuses cicatrices attestent que ça n'a pas dû être facile pour lui, mais ce  matin à la mine patibulaire ( mais presque) n'en garde aucune rancune.

Là aussi, c'est une habituée dont j'ai déjà souvent parlé ! 

Joliette, labrit de 5 ans, au départ hyper réactive sur tout, avec une absence de gestion de la frustration et des émotions.

Olaf, English Springer Spaniel de 6 mois, le plus jeune de la bande. 

ce chiot insouciant et joyeux avait parfoit du mal à comprendre les demandes de calmes  de ses congénères.

Nouk, Sibérian Husky de 16 mois. Joueur et curieux, il a démontré à ses propriétaires que, contrairement à ce que tous leur avaient dit au sujet de sa race, il n'a absolument aucune agressivité envers les autres chiens, et ne demande qu'à jouer!

Tout ce petit monde, dans l'écrasante majorité non stérilisé, va être mis ensemble pour une joyeuse séance sous la pluie !

Rencontre en laisse

On commence la séance avec des chiens en laisse, qui se croisent mais sans contact. 

J'ai déjà abordé maintes fois la problématique de la laisse, (notamment dans Testostérone à gogo ! ),  mais revenons sur quelques fondamentaux :

La laisse n'a strictement aucun sens pour le chien, et le contraint à faire exactement l'inverse de ce qu'il ferait naturellement. 

  • En aucun cas le chien ne marche en ligne droite. Son naturel consiste à trottiner en zigzagant d'une odeur à l'autre, s'arretant souvent pour mieux s'impregner ou laisser ses propres empreintes. 
  • En cas de rencontre, les chiens ne s'approchent pas de face et en direct. Ils respectent les espaces de chacun et se contournent jusqu'à se retrouver tête bêche, toujours pour prendre les informations olfactives de chacun. 
  • En cas de peur, en liberté, la première réaction est toujours de mettre de la distance par rapport au danger.
  • En laisse, le chien subit les choix humains, et se retrouvent souvent dans des situations d'impolitesses canines absolues. Obligé d'être beaucoup trop proche,  condamné à se trouver face à face avec son congénère, les yeux dans les yeux ( signe de provocation).
  • En laisse, pas de possibilité de fuite en cas de peur...
  • Le stress, la peur, les angoisses du propriétaire sont directement induits au chien. Et généralement, plus l'humain est anxieux, plus il s'accroche à la laisse et tire dessus, réduisant d'autant la possibilité de mouvement du chien, et augmentant son stress.

Thor vit essentiellement en liberté, avec un minimum de contrainte. Se retrouver en laisse alors qu'il y a plein de copains en face le frustre, et il le fait savoir. Ses aboiements sont donc d'abord dirigés contre Fabienne, à qui il demande la liberté. Aucune agressivité là dedans, juste une incompréhension par rapport à son quotidien . Il ne remarque même pas Leïa, tant il est occupé à dire qu'il n'est pas content!  Mais sa contestation bruyante ne passe pas inaperçue, et forcément, Nouk qui est bien d'accord avec lui, va lui répondre. Les 2 chiens se retrouvent alors chacun au bout de la laisse, à s'aboyer dessus. Là encore, il n'y a aucune intention  d'agression, il sufit juste de mettre un peu de distance entre les 2 pour que ça se calme. 

Ce sont des comportements absolument normaux pour le chien, en aucun cas défaillants. Simplement, ils ne sont pas acceptables humainement  ( difficile de se promener en ville avec un chien qui aboie sans cesse et se jette sur tous ces congénères), il va donc falloir apprendre à adopter une attitude urbaine.

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